Des cendres pour une vie
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: Ajouté le 19/12/2008 à 02:58
Des Cendres pour une vie
J’ai pris une cigarette, et tout de suite je me suis coupée de la réalité.
La lumière est tamisée juste ce qu’il faut, je ne sais pas combien de temps cela va durer, peut être quelques jours, ou bien j’aurai toujours ça avec moi à partir de maintenant. J’ai coupé la musique, pour une fois, il me faut du calme et rien que ça. Là c’est moi… Je retrouve un peu l’allure de mes 18 ans, allongée sur le lit, les jambes toujours en l’air, la tête aussi… Si je l’ai dans les mains maintenant ce n’est pas parce que tu le voulais. Tu m’as dit : « Peut-être… Prends le ? » et tout de suite après… « Tais-toi ! ». Je sais que tu ne voulais pas connaître ma réponse, j’ai vu des particules de honte dans tes yeux, tu ne voulais pas savoir… Et moi ? Je n’ai rien dit, mais je l’ai quand même emporté.
Je reste de longues minutes à contempler le tout, ce bébé qui est resté en toi plus d’un an et demi, un fragment de conscience, mêlé d’inconscient, encore un petit bout de toi entre mes mains.
Je l'entend crier ta vie, je le regarde aussi, il pleure je crois...
Ah non c’était moi.
Ce n’est pas le seul, ils sont un millier à ce que l’on dit, à être entre des mains, j’aurais aimé lire cette fierté dans ton regard.
Mes mains moites commencent à glisser sur le papier glacé et y laissent déjà des traces. Je me décide enfin à l’ouvrir lentement, délicatement, et sur la première page… Il n’y a rien, un grand blanc, je m’étais habituée au rouge sanglant, mais tu ne fais plus semblant, tu joues dans la cour des grands… Moi ça m’illumine, j’en pleure presque déjà , et pourtant il n’y a rien, mais le reste me fais peur alors… Mais si j’allais plus loin ? La petite fille Curiosité me prend par la main avec impatience et souffle sur la page, qui se tourne comme si elle n’attendait que ça… J’ai le temps de voir les mots :« à Sarah, que j’ai aimé comme jamais personne n’a aimé… »
Je ne sais plus. Je crois qu’il s’est mis à faire très chaud en moi, puis très vite la température est retombée au carrément froid. Alors j’ai dû refermer violemment le livre, allumer un feu dans la cheminée, et le coucher sur les braises brûlantes. J’ai probablement pleuré toutes les larmes qu’il restait dans mon corps froid, les seules que je ne t’avais encore dédiées. Mais elles n’ont suffit à éteindre ce feu, ni celui qui me consume.
Les cendres de ta vie, je les ai déposées avec celles de ton corps, sur le petit autel fabriqué maladroitement en ton souvenir, là où ta fille vient souvent ces derniers temps, elle déclare malicieusement qu’elle te raconte des histoires…
Dis moi que tu les entends…
03/05/2007
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